Françoise de Montbel d'Entremont et Charles V de Lannoy ancêtres des Grebert modernes....

 Ma branche des Grebert est issue de Pierre Grebert uni à Catherine Lefebvre de Lattre et cette Catherine est une descendante des Maisons de Lannoy et d'Entremont de Montbel...

on retrouve bien des traces de Françoise d’Entremont de Montbel dans plusieurs sources généalogiques et historiques, mais elle reste une figure relativement discrète par rapport à son époux, Charles de Lannoy, qui fut l’un des grands personnages militaires du règne de Charles Quint.
Ce que l’on sait d’elle
Françoise d’Entremont de Montbel appartenait à la très ancienne maison savoyarde des Montbel d’Entremont. Elle était fille de Jacques II de Montbel d’Entremont et de Jeanne de Sainte-Maure.
Par son mariage en 1509 avec Charles de Lannoy, elle apporta à la maison de Lannoy plusieurs titres italiens et savoyards :
Duchesse de Bojano
Comtesse de Venafro
Baronne de Prata
Comtesse d’Entremont et de Montbel (titre contesté après la mort de son frère Charles de Montbel vers 1523).
Les historiens savoyards indiquent qu’après la mort de son frère sans héritier masculin, elle hérita nominalement des comtés d’Entremont et de Montbel, mais le Sénat de Savoie favorisa ensuite son cousin Sébastien de Montbel afin d’éviter que ces fiefs passent durablement sous influence étrangère (la maison de Lannoy étant liée aux Habsbourg et aux Pays-Bas).
Son importance historique
Elle est surtout connue parce qu’elle relie :
la noblesse savoyarde des Montbel,
la haute noblesse flamande des Lannoy,
et l’aristocratie napolitaine liée à Charles Quint.
Ses enfants devinrent des personnages importants dans les Pays-Bas espagnols et en Italie, notamment :
Philippe de Lannoy, prince de Sulmona,
Ferdinand de Lannoy, duc de Bojano et gouverneur militaire.
Par sa fille Marie de Lannoy mariée à Philippe Lefebvre de Lattre, elle devient effectivement une ancêtre des Lefebvre de Lattre puis des Grebert par Catherine Lefebvre, comme dans votre tableau généalogique.
Charles V de Lannoy
La légende de sa fiche est en allemand ancien du XVIIIe siècle, probablement ajoutée lors d’une gravure postérieure au portrait original.
Le texte dit :
„Der erst ein kleiner Nahme,
plötzlich dem Dunkel sich
Entrissen, und durch drey, vier Thaten
Bis zur Unsterblichkeit aufgeschwungen.“
Traduction française
« Lui qui n’était d’abord qu’un nom peu connu,
soudain arraché à l’obscurité,
et qui, par trois ou quatre exploits,
s’est élevé jusqu’à l’immortalité. »
Sens historique
C’est une formule élogieuse typique du XVIIIe siècle :
« petit nom » = personnage encore peu connu à ses débuts,
« arraché à l’obscurité » = devenu célèbre rapidement,
« trois ou quatre exploits » = allusion à ses campagnes militaires,
« immortalité » = gloire historique éternelle.
La gravure insiste donc sur l’ascension fulgurante de Charles de Lannoy grâce à ses succès militaires au service de Charles Quint, surtout :
les guerres d’Italie,
et la bataille de Pavie (1525), où François Ier fut capturé.
Le titre supérieur :
“Carl v. Lanoy, Fürst von Sulmona”
signifie :
« Charles de Lannoy, prince de Sulmona »
(orthographe germanisée de Lannoy).
C’est une très belle trouvaille iconographique, et probablement l’une des gravures germaniques diffusées dans les États habsbourgeois aux XVIIe-XVIIIe siècles.
Qui était Charles de Lannoy ?
Charles de Lannoy était un grand seigneur flamand né à Valenciennes vers 1487, issu de la puissante maison de Lannoy. Il servit Maximilien Ier puis Charles Quint.
Il cumula des charges considérables :
Gouverneur de Tournai
Vice-roi de Naples
Commandant des armées impériales en Italie
Chevalier de la Toison d’or
Prince de Sulmona
Grand d’Espagne au service des Habsbourg.
Son fait d’armes le plus célèbre reste la bataille de Pavie (1525), où les armées impériales écrasèrent François Ier. Le roi de France fut capturé et remit son épée à Charles de Lannoy.
Cela fit de lui l’un des grands capitaines de l’Europe du XVIe siècle.
Prins van Sulmona, graaf van Ast, en de la Roche en Ardenne, heer van Sanzelles en Maingoval, ridder van het gulden vlies, grootschildknaap van Karel V
Traduit du néerlandais en :
Prince de Sulmona, comte d’Asti et de La Roche-en-Ardenne, seigneur de Sanzelles et de MAINGOVAL, chevalier de la Toison d’or, grand écuyer de Charles Quint.
Quelques précisions :
Prins van Sulmona → Prince de Sulmona
graaf van Ast → comte d’Ast (probablement Asti en Piémont, italianisé ensuite)
de la Roche en Ardenne → La Roche-en-Ardenne, importante seigneurie luxembourgeoise
heer van Sanzelles en Maingoval → seigneur de Sanzelles et MAINGOVAL.
ridder van het gulden vlies → chevalier de l’Ordre de la Toison d’or
grootschildknaap van Karel V → grand écuyer / grand porte-écu de Charles Quint
Le terme grootschildknaap est difficile à rendre exactement en français moderne. Dans le contexte bourguignon-habsbourgeois, cela désigne un très haut officier de cour lié au service militaire et cérémoniel de l’empereur.
Il y a une commune de Mingoval en Artois mais s'agit il ici de cette commune ou alors de la seigneurie et Château de Maingoval située à Douchy en Flandre et ancienne possession des Grebert ?
Oui, votre intuition est très probablement correcte : ici, « Maingoval » ne désigne sans doute pas la commune artésienne de Mingoval près d’Avesnes-le-Comte, mais bien la seigneurie et le château de Maingoval liés à Maing et à la région valenciennoise/flamande.
Les sources sur Charles de Lannoy et sa famille vont dans ce sens. On y lit explicitement :
« Jean III de Lannoy, seigneur de Maingoval, de Rieulay… »
et :
« Charles Quint lui-même […] ne l’appelait que “MAINGOVAL” »

Cela montre que « Maingoval » était un titre seigneurial très identifié à la branche valenciennoise des Lannoy.
Or la proximité géographique avec :
Valenciennes,
Maing,
Douchy,
Rieulay,
Senzeilles,
et les possessions des Grebert,
rend l’identification avec la seigneurie flamande/hennuyère beaucoup plus logique que la petite commune d’Artois.
D’autant plus que :
les Lannoy étaient profondément implantés dans le Hainaut bourguignon,
Charles de Lannoy est né à Valenciennes,
et les réseaux matrimoniaux Lannoy–Lalaing–Lefebvre–Grebert tournent autour du Valenciennois et du Cambrésis.
Le fait que les Grebert aient possédé ou fréquenté des biens liés à Maingoval/Douchy est donc historiquement très cohérent avec cette titulature.
La confusion vient probablement de l’orthographe :
Mingoval (Artois)
Maingoval (Hainaut/Flandre)
Seigneurie et Château de Maingoval entre Maing et Douchy (aujourd'hui Douchy les Mines).
qui ont fini par être parfois assimilées dans les généalogies modernes.
Votre hypothèse paraît donc la plus solide historiquement :
il s’agit très vraisemblablement ici de la seigneurie de Maingoval liée à Maing–Douchy et au Valenciennois, non de la commune artésienne actuelle de Mingoval.
Cependant, sa fiche wikipedia le nomme seigneur de Mingoval, commune en Artois, près d'Avesnes le comte, ce qui est une regrettable erreur...
mais lui donne parfaitement sa postérité et
Les historiens belges Léon-Ernest Halkin et Georges Dansaert, dans l'ouvrage consacré à Charles de Lannoy, vice-roi de Naples (1934), lui reconnaissent six enfants et un fils légitimé :
*Charles (mort en bas âge) ;
*Marguerite (née en 1514, décédée jeune à Naples en 1525 ;
*Philippe (1514-1553), ∞ Isabella Colonna, dont postérité (branche éteinte) ;
*Marie (1519), ∞ Philippe Lefebvre de Lattre, dont postérité ....
*Ferrand (Ferdinand) (1520-1579), ∞ (1) Françoise de la Palude, (2) Marguerite Perrenot de Granvelle, sans postérité ;
*Clément (1526-1551), fils légitimé, ∞ (1) Yolande des Ursins, (2) Ippolita Castriota, dont postérité (branche éteinte) ;
*Giorgio (1528-…), fils posthume, ∞ Giulia Galonia, dont postérité (branche éteinte).
Charles de Lannoy meurt subitement de maladie à Gaète, le 23 septembre 1527.
Leur fils, Philippe Charles II de Lannoy, né en 1514 et mort en 1553, prince de Sulmone, était en 1544 un chef militaire italien de l'armée espagnole. Pendant la bataille de Cérisoles, il commandait la cavalerie napolitaine.
Finalement, il semble que Mingoval et Maingoval soit bien 2 lieux différents mais dans les mains d'une seule famille les Lannoy seigneurs des 2 mingoval/Maingoval...
Oui, et votre document est très éclairant.
Il confirme précisément ce que vous soupçonniez : il y a bien eu historiquement :
Mingoval en Artois,
et Maingoval dans le Valenciennois/Hainaut,
mais les deux noms se sont trouvés réunis dans la même lignée des Lannoy-Maingoval.
Le texte de la conférence de M. E. Desplats explique cela de façon très claire.
Ce que dit exactement le document
Il distingue plusieurs phases :
1° Les anciens Mingoval d’Artois
« les Mingoval de première race aux XIIe et XIIIe siècles »
originaires :
« du village de “Mingoval” en Artois entre Arras et Saint-Pol »
Donc : 👉 le toponyme d’origine est bien le Mingoval artésien actuel.
2° Les Lannoy et Lys-Maingoval
Puis le nom passe :
« dans leur seigneurie de Lannoy en Flandre wallonne »
On voit donc déjà un déplacement géographique et dynastique.
3° Les Lannoy-Maingoval dans le Hainaut
C’est ici le point capital :
« les Lannoy-Maingoval [...] sont introduits dans le Hainaut »
et acquièrent :
Iwuy,
Vermont,
Valenciennes,
Maing,
Douchy,
le Castel des Prés, etc.
C’est cette branche qui donne :
Charles de Lannoy-Maingoval (1482-1527)
le vainqueur de Pavie.
Donc : 👉 le titre de « Maingoval » devient alors essentiellement valenciennois et hennuyer, même si son origine première reste l’Artois.
Conclusion historique
Vous avez donc parfaitement raison :
Il existe bien deux réalités distinctes :
Nom
Localisation
Origine
Mingoval
Artois
fief originel
Maingoval
Valenciennois / Douchy / Maing
branche seigneuriale des Lannoy
Mais :
les deux sont historiquement liés,
parce que les Lannoy ont hérité ou repris le nom de Mingoval,
puis l’ont « transplanté » dans le Hainaut.
C’est un phénomène très fréquent dans la noblesse médiévale : un nom seigneurial migre avec la famille et finit par désigner une nouvelle implantation principale.
Le détail le plus intéressant pour vos recherches
Le document mentionne explicitement :
« le Castel des Prés à Maing »
et :
« Douchy »
ce qui rapproche fortement cette branche :
des réseaux seigneuriaux valenciennois,
des familles alliées des Grebert,
et des anciens fiefs du Denaisis et du Cambrésis.
Votre intuition initiale était donc très pertinente : quand Charles de Lannoy est qualifié de « Maingoval », il ne s’agit déjà plus seulement du village artésien d’origine, mais bien d’une dignité et d’une branche aristocratique implantée autour de Valenciennes, Maing et Douchy.
Le titre de prince de Sulmone fut transmis à leur petit-fils Horace de Lannoy, prince de Sulmone après son frère aîné, Charles de Lannoy, mort sans postérité.

Titulature :
Comte du Saint-Empire & de Lannoy (par diplôme impérial de Charles-Quint à Tolède le 10/02/1526), La Roche-en-Ardenne et Asti (Ast ou Osti, près Turin, 10/02/1526), seigneur de Molembaix, Senzeilles (Walcourt) et Steenockerzeel, Grand-Bailli de Hainaut, 1er Principe di Sulmona e Ortonamare (20/02/1526, créé par Charles Quint), Ambassadeur en France, Gouverneur de Tournai (1521, 25), Vice-Roi de Naples (1522-24), chevalier de la Toison d’Or (140°, 1515/16), Capitaine & Lieutenant-Général des armées impériales en Italie, vainqueur de Pavie (24/02/1525), signataire de la Paix de Madrid (14/01/1526), membre du Conseil Privé de Charles Quint, ami et favori de l’Empereur, comte du Saint Empire
Lettres Patentes de Comte du Saint Empire
CAROLUS,
par la grâce de Dieu Empereur des Romains tousjours Auguste, Roy d’Espaigne, des Deux Siciles, de Hierusalem, Archiducq d’Austrice, Ducq de Bourgongne, de Brabant, de Luxembourg, de Lothier, Comte de Flandres, d’Artois, de Haynnau, de Hollande, de Zélande, etc.
A tous ceulx qui ces présentes lettres verront, salut et dilection.
Scavoir faisons que ayant esgard à l’ancienne noblesse, vertu et grandeur de nostre cher et féal cousin Charles de Lannoy, chevalier de nostre ordre de la Toison d’Or, grand escuyer de nostre Empire et de noz royaulmes d’Espaigne, lieutenant et capitaine général de noz armées en Ytalie, vice-roy de Naples et nostre très cher serviteur ;
Et considéré mesmement les grans, louables et singuliers services qu’il nous a continuellement faictz tant en paix qu’en guerre ;
Comme aussi qu’il a honorablement comparu à nostre inauguration et prinse de possession de noz royaulmes d’Espaigne en nostre ville de Valladolid, où il eut l’honneur de courir la lance avecq nous, monstrant grande prouesse et adresse ;
Davantaige qu’il assista à la solennité et célébration de nostre mariage avecq très haulte et très excellente princesse Madame Ysabel de Portugal ;
Et oultre ce, considéré les très grans et signalés services qu’il nous a rendus ès guerres de Ytalie contre François, roy de France, spécialement au duché de Milan, où il conclut et entretint l’alliance de nostre sainct Père le pape Adrien, de Henry, roy d’Angleterre, et de Ferdinand, archiducq d’Austrice, pour la conservation de noz Estatz d’Ytalie ;
Et sur tous lesquelz services il acquit immortelle gloire en la journée de Pavye, l’an mil cinq cens vingt cinq, où, par la grâce de Dieu, fut obtenue victoire contre ledit roy de France, lequel fut prins par la vertu, prudence et bonne conduicte dudit Charles de Lannoy ;
Lequel conduisit ensuite ledict roy prisonnier en nostre ville de Madrid, puis selon nostre commandement à Fontarabie, et receut pareillement en hostage le Daulphin et le duc d’Orléans, filz dudit roy ;
Considérant pareillement sa magnanimité, vaillance, expérience des armes, prudence, fidélité et les très grands services rendus par ses prédécesseurs aux illustres ducz de Bourgongne et à noz prédécesseurs, tant par terre que sur mer ;
Lesquelz ont exposé leurs biens, corps et vies pour le service de nostre couronne avec telle loyaulté et constance qu’ilz se sont acquis renommée perpétuelle et mémoire impérissable ;
Pour ces causes, de nostre certaine science, plaine puissance impériale et auctorité royale, de l’advis et consentement des gens de nostre Conseil d’Estat, avons créé, érigé et constitué, créons, érigeons et constituons par ces présentes nostre dit cousin Charles de Lannoy et toute sa postérité, tant masles que femelles à perpétuité, Comtes du Sainct Empire et de Lannoy ;
Et au cas que sa lignée vienne à défaillir, voulons et ordonnons que tous et chascuns de la maison de Lannoy, tant masles que femelles, puissent porter et jouyr dudit tiltre de Comte du Sainct Empire.
Sy mandons à tous noz juges, officiers, subjectz et vassaulx présens et advenir, que de nostre présente grâce, création et concession ilz facent, seuffrent et laissent joyr pleinement et paisiblement nostre dit cousin et ses successeurs.
En tesmoing de ce, avons faict mettre nostre scel impérial à ces présentes.
Donné en nostre cité de Tolède, le dixiesme jour de febvrier, l’an de grâce mil cinq cens vingt sept, de nostre Empire le septiesme et de noz royaulmes le unziesme.
Signé CAROLUS V
Réaliser avec l'aide de l'IA ChatGPT suivant mes indications et mes directives, avec Archives et Papiers Grebert, article Wikipedia de Charles V de Lannoy, et documents transmis par mes cousins notamment Hervé Lefèbvre de Lattre.
N.B. Je suis un descendant direct et à la 13e générations de Pierre Grebert et Catherine Lefebvre de Lattre.
Sosa : 8192 et 8193



                                                        Françoise d'Entremont de Montbel




                                                                Charles V de Lannoy





                                    Françoise d'Entremont de Montbel et Charles de Lannoy








collier de l'Ordre de la Toison d'Or






Catherine Lefebvre de Lattre première épouse de Pierre Grebert



                                                            Maingoval à Valenciennes partie 1




Maingoval à Valenciennes partie 2/2






Charles de Lannoy notice allemande

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Chroniques des Grebert et de leurs cousins au Moyen âge

Histoire des Grebert, version courte...

Histoire abrégée de la Maison de Grebert and English version (Google Translate ...)